Pour comprendre concrètement ce qu'est l'Uber-économie, et ce qu'elle change pour nous tous, nous vous recommandons de visionner ces vidéos extraites d'une émission économique de France 2 :



http://www.france2.fr/emissions/tout-compte-fait/videos/uberisation_de_la_societe_tous_intermittents_du_travail__05-09-2015_915452?onglet=tous&page=1

http://www.france2.fr/emissions/tout-compte-fait/videos/demain_tous_independants__07-11-2015_975986?onglet=tous&page=3


Au-delà, de ces exemples concrets, il faut bien comprendre que l'Uber-économie a émergé du fait de trois ruptures concomitantes en matière technologique, économique et sociétale :

Sur le plan technologique :

Le développement de ce qui a été appelé la "nouvelle économie" au début des année 2000 a été porté par l'arrivée de l'Internet et a été illustré par les grands noms emblématiques que sont par exemple Google, Amazon, E-bay puis Facebook. Mais l'Uber-économie apparaît seulement avec la création d'Uber en 2009 à San Francisco soit plus de 10 ans après les début de la première vague de l'Internet car au delà de l'accès à Internet et à un site Web les services proposés sont liés en général à la mobilité et à la mise en relation de proximité.

En effet, si vous cherchez un VTC, vous, au coin d'une rue, et votre futur chauffeur doivent pouvoir facilement être mis en relation et être dans le même quartier. Ce type de service nécessite donc l'apport de 2 autres technologies que sont le Smartphone permettant d'utiliser des "Apps" reliées à l'Internet (via un forfait data) et la géolocalisation grâce aux satellites GPS. On peut dater l'apparition du Smartphone intégrant des capacités de géolocalisation GPS à la sortie de l'Iphone 3G d'Apple, soit en juillet 2008, lequel représente le terminal emblématique ouvrant la voie à la future naissance de l'Uber-économie.

 

Sur le plan économique :

Force est de constater que la crise économique de 2008 a laissé des traces dans les pays qui en sont sortis tels que les Etats-Unis ou l'Allemagne comme, a fortiori, dans les pays qui peinent toujours à en sortir comme, par exemple, la France ou l'Italie.

Au total, cette crise a entraîné deux conséquences qui se sont révélées favorables pour le développement de l'Uber-économie. En effet, depuis lors, les ménages souhaitent obtenir des compléments de revenus ou réduire leurs dépenses pour faire face à des salaires qui stagnent ou pire parce qu'ils sont confrontés au travail à temps partiel et au chômage.

Dans les deux cas, l'Uber-économie répond  à ces aspirations en offrant aux consommateurs des services à des prix plus bas et en permettant à des travailleurs d'obtenir des revenus complémentaires grâce à une activité venant en plus de leur travail habituel ou leur permettant de se reconvertir dans un nouveau job d'indépendant qu'ils se créent eux-mêmes après une recherche infructueuse d'emploi dans les entreprises.

 

Sur le plan sociétal :

Les technologies du Web et du Smartphone ont créé une société "digitalisée" mais en réaction à cette société apparaît un besoin de plus en plus fort de conserver des relations humaines.

Avec la crise, chaque individu est aussi devenu de plus en plus méfiant au sein de la société et face à la finance et aux grandes entreprises internationales, accusées à tort ou à raison, d'avoir du mépris pour l'humain. Nous sommes donc tous en quête de réassurance via la proximité humaine.

L'Uber-économie, à nouveau, est parfaitement positionnée pour répondre à ces besoins car les solutions proposées viennent de Start-Up, internationales ou non, qui ont une bien meilleure "cote" que les entreprises installées qu'elles concurrencent  et ici les progrès technologiques sont vécus dans un contexte d'humanisation puisque de nombreux services reposent sur la notation conjointe du "client" et du "fournisseur" de ceux-ci.


Il faut, néanmoins, comprendre que l'Uber-économie est différente de l'économie collaborative ou l'économie du partage.

Tout simplement parce que l'économie collaborative est à l'origine fondée sur le partage ou l'échange des ressources alors que l'Uber-économie introduit un objectif mercantile dans les mises en relation entre des offres et des demandes.

Ainsi, prenons le domaine du transport :

- Lorsque vous souhaitez profiter d'un déplacement en voiture où vous êtes seul pour faire du covoiturage grâce à Blablacar, vous pouvez avoir avant tout une motivation idéologique, en particulier écologique,  et la participation payée par vos passagers ne représente que les partage des coûts du voyage,

- Lorsque vous louez, de temps en temps, votre voiture personnelle sur un site comme Ouicar ou Drivy, on peut encore considérer que puisque vous n'utilisez pas cette voiture tous les jours vous en partagez simplement le coût de détention avec d'autres particuliers sans objectif véritablement "mercantile" même si vous en tirez un revenu complémentaire à vos revenus habituels.

- Lorsque vous devenez à temps plein un chauffeur de VTC, vous exercez alors un métier en tant qu'indépendant qui vous permet d'obtenir un revenu mensuel et votre travail est ainsi un véritable travail professionnel qui ne relève plus du "partage".


Au final, l'économie collaborative et l'Uber-économie peuvent prendre les visages de Janus comme l'écrivait le député Pascal Terrasse dans Les Echos.

Pour que l'Uber-économie se développe en évitant certaines critiques, en particulier en termes de concurrence déloyale et de précarité, il nous parait donc important de bien différentier les prestations de services qui  relèvent d'un statut professionnel de celles qui sont simplement réalisées en "amateur", c'est la raison pour laquelle nous vous donnons sur ce site des premiers conseils pour vous lancer sereinement en tant que "professionnel".